Gravelines vient d’être éliminée par Zagreb en Coupe Fiba hier soir, cependant, le BCM va mieux en championnat après deux victoires consécutives. Faisons le point avec Fred Sarre sur ce début de championnat. Entretient.
Basketzone : Un mot sur le match d’hier soir. Grosse défaite contre Zagreb, ce qui signifie une élimination, c’est dur au premier tour ?
Frédéric Sarre : Oui et non. Lorsque l’on prend 24 points là bas et que l’on n’est pas capable de l’emporter à la maison…. Zagreb a une équipe avec une qualité de jeu, ils ont joué juste et ils ont été adroits. On a manqué de dimension physique. On va se re-concentrer sur le Championnat de France, même si une élimination c’est toujours un mal. Car lorsque l’on est engagé dans une compétition, on s’y donne à fond. Et ce n’est jamais un plaisir de perdre à la maison.
BZ : En championnat en tous cas, deux victoires consécutives, cela va mieux pour Gravelines ?
F.S. : Si on veut. Hier, on a trouvé une équipe exceptionnelle, il faut oublier très vite. On a un peu de mieux en championnat, mais c’est du mieux exponentiel. C’est un « deux coups » (Clermont et Paris). On verra s’il y a du mieux plus durablement.
BZ : On commence à voir enfin le vrai Tony Stanley, ses deux dernières victoires sont elles principalement du à son regain de forme de sa part ?
F.S. : Il est vrai que lorsque sur les 5 premiers matchs, vous avez un Tony à 12% à trois points (Ndlr : 5/35 soit 14%) et que les 4 derniers matchs il est à 16/29 (Soit 55%), ça change un peu le décor. Ca aide forcément. Mais cela tient aussi à notre capacité à développer un jeu plus cohérent, sans renoncement, avec des bonnes possessions de balle, une tenue défensive cohérente.
BZ : Le retour de Patch Morlende amène aussi de la rotation et de l’intensité ?
F.S. : Bien sur, il aide dans la rotation mais il a été arrêté 5-6 mois après une opération. Steeve (Essart) a du un peu gérer son physique. Avec Patch cela donne plus d’intensité. Mais il ne faut pas isoler notre mieux à des individus. Jo (Bunn) après ses problèmes musculaires est de retour aussi. Cela commence à être mieux, mais cela reste loin de ce que j’ai envie de développer comme jeu.
BZ : Vous auriez pu être le premier à battre Nancy il y a 2 semaines, qu’est ce qu’il vous manqué ?
F.S. : 5 minutes globalement. On joue 35 minutes de basket cohérent, avec une bonne attitude défensive, ensuite, on a Schmitt qui sort pour 5 fautes, Ostojic qui a le nez cassé et Gunn sur le banc. On a manqué de gestion de certains ballons, manqué de point de fixation à l’intérieur, et Nancy a bien joué le coup en nous agressant où il fallait. Mais on était très proche.
BZ : Vous disiez être satisfait après le match de samedi du nombre de ballons perdu qui avait diminué, après 9 matchs (11 avec les 2 de Fiba Cup) comment qualifieriez vous votre début de championnat, êtes vous en train de progresser ?
F.S. : On ne peut que progresser surtout dans la consistance. Par rapport au projet que j’ai en tête, on est loin du compte entre ma vision et où on en est véritablement. Tout dépendra de notre capacité à réduire cet écart. C’est vrai qu’au niveau des pertes de balles, on perd des ballons stupides. Mais je pense que nous avons des joueurs avec une culture de jeu différente. C’est un groupe très disparate au niveau de l’identité basket, au niveau des déplacements, de l’intention, de l’implication, du physique, les repères par rapport aux autres. L’assemblage entre tout cela est un travail de longue alène.
BZ : Désormais, le calendrier semble plutôt favorable (Cholet, Strasbourg et Dijon), comment le voyez vous ?
F.S. : Chaque équipe a envie d’améliorer son niveau de jeu. Strasbourg avait mal commencé son championnat il y a quelques années et ils ont terminé en trombe sur la fin. Chalon ne peut pas ne pas repartir. Dijon a signé Evrett et va récupérer Sciarra, beaucoup d’équipe modifie leur roster. En ce qui nous concerne, si nous récupérons Jo et Patch qui était sur le banc et ont vécu avec le groupe, notre plus grosse difficulté est de développer une identité de jeu constante.
BZ : Après ces matchs, il restera Toulon, Chalon et Pau, franchement, la qualification à la Semaine des AS semble jouable, est ce un objectif ?
F.S. : Pour le moment, nous jouons chaque match qui se présente à nous comme si c’était un match décisif. On n’a pas la prétention de se projeter trop loin. Pour cela, il est nécessaire d’avoir une forme de stabilité, de continuité dans notre gestion du jeu. On veut rester les pieds sur terre. Si dans 15 jours, on acquière cette stabilité, cette cohésion, cette continuité, on pourra peut être se projeter.
BZ : Alors, parlons donc du prochain match, comment voyez vous ce match contre Cholet ?
F.S. : C’est une équipe active chez elle, avec un impact assez fort, et une certaine volonté défensive. Ils ont des joueurs capables de prendre des décisions efficaces. Ils ont un jeu de relance, de jeu rapide efficace, et une vraie identité de percussion. Notre aptitude à conserver la balle et à avoir un repli défensif consistant sera un argument décisif. Ce sera une histoire de combat, d’intensité. Avant, lorsque l’on était mené de 5-10 points et que l’on perdait quelques ballons, on était très mal et on prenait 20-30 points. Maintenant, nous arrivons à utiliser nos ressources, on a vu une vraie volonté collective de stop défensif, et de combat. Nous devrons avoir cela samedi.