L’entraîneur de l’équipe de France revient sur l’élimination des Bleus face à la Russie en quart de finale et sur la suite de la compétition :
« C’est forcément décevant quand on est collé car on a de quoi prendre ce match. Tout au long de la partie, je disais au coach à côté, on va le perdre aux lancers francs, c’est pas possible. Dans ce genre de match, ça tient aux lancers francs. Le deuxième point c’est qu’on cale sur la zone. Dès qu’ils passent en zone, indiscipline totale, on ne sait pas ce que l’on fait. On pouvait tout le temps être dedans. Après Holden prend des shoots de folie et ça rentre. Nous on les prend, ça ne va pas dedans. On savait qu’il nous fallait un match parfait. Je suis déçu car je crois qu’on est à égalité avec cette équipe-là. Déçu de le perdre sur des trucs comme les lancers francs. C’est le plus frustrant car c’est le panier le plus facile à marquer. Je suis cependant très, très fier des joueurs car ils ont montré une très grande motivation avec beaucoup de conviction et d’engagement. Notre défense est vraiment par moment étouffante pour l’adversaire. Je regrette qu’elle ne le soit pas tout le temps comme ça. Maintenant on va continuer à se battre car on est préparé à rebondir après les matches perdus. Ca sera très difficile que ce soit face à la Croatie ou la Lituanie. Il faut être mobilisé pour accrocher la cinquième place pour aller au TPO (Tournoi Pré-Olympique). »
Sans médaille, est-ce qu’on peut dire que l’Euro est raté ?
« Pour moi non car j’ai beaucoup d’humilité par rapport au niveau du basket européen. On vient de vivre une semaine avec les Turcs, les Serbes et les Italiens qui vont devoir repasser par des phases de qualifications pour le prochain Euro. Ca nous ramène à des choses beaucoup plus humbles. Il y a du travail de fond à faire et se dire que le basket s’en sortira, à mon avis, dans 10-15 ans mais à condition de prendre des mesures radicales aujourd’hui pour qu’on est de plus en plus de joueurs. Il faut une vrai concurrence de joueurs qui puissent jouer un basket européen car pour l’instant on voit que c’est difficile quelque soit les joueurs qui se présentent. »
Qu’est qu’il manque alors à cette équipe ?
« Des joueurs qui puissent jouer en Euroligue comme quatre du CSKA Moscou, deux du Dynamo Moscou, un de Kazan. Des joueurs qui jouent un basket habituel. On a besoin de ça. On a effectivement des athlètes mais un jour il nous faudra 2, 3 joueurs qui aient une vrai implication dans un club d’Euroligue. Des joueurs qui savent quand il faut envoyer du bois, quand il faut bastonner. Ce que fait Flo sur Kirilenko ce soir est fantastique. Il est le seul à le faire. Si on peut faire pareil sur Holden ce soir, le match est différent. »
On peut corriger ces erreurs comme lors de l’Euro 2005 ?
« C’est culturel. Ca devient lourd de ma part d’expliquer que le tir n’a jamais était respecté. On vient de passer 15 ans à jouer au basket en dribblant et en tirant derrière et quand on tire on écarte les jambes. Tant qu’on aura la NBA vendu comme ça, on ne pourra pas exister. On a des gens qui ne rêvent que de ce basket là. En Espagne, ils rêvent de l’ACB. Je ne baisse pas les bras car c’est ma motivation de toujours de me dire qu’en France on a 470 000 licenciés et de me dire qu’on a plein de joueurs Des Ferchaud, il y en a plein mais des joueurs plus forts que Ferchaud je suis sûr qu’il y en a plein aussi. Mais tant qu’il y aura six joueurs étrangers par équipes, ces mecs là ne joueront pas. Pourquoi on n’est pas adroit aux lancers francs. On peut dire c’est contextuel mais non. On n’est pas adroits aux lancers francs. L’année dernière au Japon, on n’est pas adroit aux lancers francs. J’ai passé mon année à faire des clinics sur le tir !»
Propos recueillis par H.Coze à Madrid