L'entraîneur de l'équipe de France explique ses choix de sélection et revient sur la victoire face à la Russie :
Sur le choix des 12...
"Sur le poste 2 en rotation, derrière Jo Gomis, nous avons décidé de garder Cédric Ferchaud. Toutes les sélections se justifient, même s'il y a toujours une part de subjectivité dans les décisions. Nous avons créé des critères de sélection en amont des choix. Nous souhaitions que le joueur puisse se fondre dans un moule défensif et que dans les temps qu'ils leur étaient impartis, il leur fallait être efficace dans l'adresse. Ca a été difficile de fixer ces critères car quand on compare, il est évident qu'un joueur (Michel Morandais, ndlr) a un statut en Europe. Mais nous avons installé cette phase de concurrence lors de la préparation pour deux raisons. La première c'est que quand on est en club, on a toute une saison pour s'adapter et quand on est en équipe nationale, il faut être efficace vite dans un temps court. C'est vrai que Michel Morandais avait pris une petite avance dans les 15 premiers jours. Compte tenu des difficultés que nous avions sur les postes à côté, surtout à cause de la position de Boris, on a décidé de différer la décision et tenu compte des statistiques sur les deux tournois dans lesquels on peut regarder et valider le rôle qui leur a été imparti : rentrer à froid et mettre des tirs. On les a mis dans des conditions similaires, avec des coéquipiers similaires pour être loyal. Les statistiques parlent d'elles-mêmes. Il y a 80 minutes de jeu pour Cédric Ferchaud sur 5 matches et 91 minutes pour Michel. A la sortie c'est 42 points à 15/30 et 10/25 à trois points pour Cédric et 24 points pour Michel avec un 8/29 et 5/21 à trois points. Nous avons respecté les règles que nous nous étions fixés (...). Nous étions partis avec l'idée de garder Sacha Giffa car on part avec deux postes 4 et s'il y a un accident, on est dans la difficulté. Aujourd'hui, les choses changent. Fred Weis (douleur au genou droit), on ne sait pas ce que ça va donner. On ne peut pas imaginer partir avec trois postes 4 et deux postes 5 car on ne tiendra pas aux championnats d'Europe si on n'a pas un joueur de grande taille. On a décidé de garder Pape Badiane car il a une envergure d'un joueur de 2,10m. Il a des bras, il se déplace et il a montré des choses auparavant qu'il a validé et confirmé sur les matches. Cette sélection n'est pas dû au hasard (...). On vient de féliciter et de gratifier les deux joueurs non retenus de toute notre affection mais on ne peut pas encore leur dire merci car tout peut se passer jusqu'au 1er septembre (date limite de sélection des joueurs pour l'Euro). Ils seront les premiers sur la liste sur leur poste en cas de pépin. Ce soir, c'est émouvant car on a passé un mois ensemble. Le groupe a réagi comme d'habitude. Le groupe vit vraiment bien avec une énorme proximité. On a voulu affronter la difficulté de vivre un moment difficile parce que ce sont peut-être des moments qui soudent et qui vont induire le respect."
Ecarter Yohann Sangaré a été une option envisagée ?
"Oui, mais là on bougeait un peu le puzzle. On a installé Joseph a côté de Tony avec quelques habitudes de jeu et là on aurait changé. Mais Joseph a un rôle et ça serait bien que le plus longtemps possible, on tienne dans ce rôle là. On changera peut-être mais actuellement on ne peut pas jouer aux girouettes dans le temps qu'il nous est imparti."
Sur la Russie...
"On peut classer cette rencontre de " surmatch " car tout réussi parfaitement, les débats ne peuvent pas s'équilibrer et la confiance que va gagner une équipe va atteindre l'autre dans le mauvais sens. Maintenant pour le basket, on ne peut que se réjouir d'un match comme ça. Ca me réjoui pour les joueurs. On a eu des réactions plus rapides (que face au Tchèques, ndlr), un contrôle du rebond, un rythme défensif et ça créé ce "surmatch"."
Photo : H.Bellenger/IS/FFBB