L'équipe de France 2007 était sur le papier l'équipe la plus talentueuse, la plus athlétique, l'une des plus jeunes, mais surtout la meilleure équipe française de tous les temps. Sur le papier. Alors, comment cette équipe à pu se ramasser ? Car il faut bien appeler les choses par leur nom : lorsque l'on se fait sortir sur un lancer franc en quart de finale par le futur champion (la Russie) et que l'on est incapable de rebondir pour aller chercher une place pour le TPO. Quand on termine à « la place du con » et qu'on n'est qualifié pour rien avec qu'on visait le podium. on peut parler de « ramassage » ! Un vrai fiasco.
Cette équipe Russe, futur championne d'Europe, était elle supérieure à nous ? Pourquoi ce groupe qui s'entend si bien selon les dires de ses membres, n'a-t'il pas été capable de rebondir le lendemain ou le surlendemain pour éviter au basket français d'être rayé de la carte pour deux ans ? A qui la faute ?
Claude Bergeaud clame qu'il veut du jeu européen, mais est-ce possible d'avoir un jeu européen avec presqu'un cinq majeur NBA ? Le sélectionneur voulait une meilleure attaque en prenant Kirksay et Ferchaud, notre jeu offensif a-t'il vraiment été meilleure durant cet Euro ? Et n'est-ce pas au détriment de la défense ? Beaucoup de questions qui sont sûrement dans les têtes des supporters, mais aussi dans celles du staff français puisque le coach de l'équipe de France l'assume pleinement : « C'est un Euro raté, c'est un échec ». Bilan de cet échec.
Cette équipe Russe était-elle supérieure à nous ?
Sur le papier, clairement non. Oublions le match de préparation à Coubertin qui de part l'extrême amplitude de l'écart ne peut pas constituer une référence sur la différence de niveau des deux équipes. On a souvent parlé de la différence entre le jeu Fiba et le jeu NBA mais les deux fers de lance de la Russie, Kirilenko et Khryapa, n'ont-ils pas évolué dans la grande ligue américaine l'année dernière ? Leur adaptation au jeu Fiba s'est faite sans problème notamment pour Kirilenko qui évolue en NBA depuis pas mal d'années déjà et qui termine MVP de l'Euro. La différence s'est faite dans les derniers instants sur les lancers francs. Un exercice, le tir, souvent défaillant côté français, et dont le sélectionneur déplore son manque d'enseignements dans les clubs : « J'ai passé un an à faire des clinics sur le tir ! A expliquer à des entraîneurs comment on tient un ballon » a déploré Claude Bergeaud. Mais au-delà du tir, ne manque-t-il pas à cette équipe un véritable leader qui mette les lancers clés où qui installe dans le groupe une confiance et une sérénité qui déteint sur ses partenaires ? « Un vieux briscard » comme le nommait Bergeaud en pensant à Antoine Rigaudeau. Holden, de son côté n'a pas raté les siens. Pour relativiser, regardons également l'âge du garçon (31 ans) à comparer à ceux de TP et Boris (25 ans tous les deux). Donc, dans cette partie serrée qui ne se joue à rien, cette carence a sûrement été décisive.
Comment peut-on ne pas réagir le lendemain ou le surlendemain pour l'avenir du
basket français ?
Les défaites face à la Croatie et la Slovénie peuvent être également expliquées par cette absence de leader. On se souvient tous de l'attitude d'Antoine Rigaudeau au soir de la défaite contre la Grèce en 2005. Le « Roi » avait alors tout assumé et le groupe était reparti de l'avant contrairement aux espagnols qui n'avaient pas su se remettre de leur défaite sur un tir au buzzer de Nowitzki. Ce manque de leadership s'est aussi ressenti lors de l'échauffement contre la Croatie où les dunks s'enchaînaient dans une atmosphère « relax » mais pas dans une ambiance « commando » pour aller chercher une place pour le TPO. Cette concentration, on l'avait par contre vu au Japon au lendemain de l'élimination en quart par les Grecs. La bonne ambiance qui règne dans le groupe n'a donc pas servi à ressouder tout le monde pour partir au combat. On a senti dans certains comportements un brin de suffisance. Et même dans les propos d'après match, il n'y avait pas de révolte, pas d'agacement. Comment peut-on ne pas vouloir tout casser, tout donner pour aller aux JO ? On n'a pas beaucoup vu de joueurs français fatigués, éreintés, lessivés, énervés, révoltés après les matchs. Regardez Jasikevicius avec la Lituanie. C'est un leader qui possède sans conteste un vrai « winning spirit ». Les Français donnaient parfois l'impression de penser à s'économiser pour la suite. Une attitude de « calcul » que le sélectionneur reconnaît. « On a été un peu trop calculateur ce qui ne nous a pas permis d'être aussi frais pour le dernier match. » Alors que l'on est tous conscient que ce qui est arrivé en ce dimanche 16 septembre est grave pour le basket français qui va être rayé des cartes pendant presque 2 ans. Rentrons également un peu plus dans le détail de ces deux rencontres. La Croatie prend le meilleur rapidement en pilonnant à l'intérieur. En jouant sur un jeu de fixation passe qui leur ouvre des tirs à trois points. C'est ce qui a peut être manqué également au jeu des Bleus dans ce type de rencontre, comme l'a souligné Bergeaud « nous ne possédons pas de joueurs capables de jouer dos au cercle ». L'équipe se reposant alors trop sur Tony Parker dont l'investissement total est à souligner (TP a d'ailleurs assuré avoir toujours à cour de revenir en équipe de France et de ne surtout pas rester sur cet échec). Comme Boris n'a pas eu le rayonnement attendu, alors qu'il était la clé de voûte du système mis en place par Bergeaud, les choses se sont rapidement compliquées. Autre point négatif, la défense sur pick'n roll. Attaque clé en Europe mais aussi en NBA, la défense sur ce type d'action a été défaillante, « remember » la Lituanie et la fin de rencontre du dernier match contre la Slovénie avec la relation Lakovic-Nesterovic. Ce point sera à améliorer absolument pour les prochaines compétitions pour espérer des résultats.

Le sélectionneur voulait une meilleure attaque en prenant Kirksay et Ferchaud, mais a-t-elle vraiment été meilleure durant cet Euro ?
Non. L'équipe de France n'a pas progressé dans son jeu. Claude Bergeaud le reconnaît : « Ceux qui était là avant ne mettait pas dedans et ceux qu'on a pris cette année n'ont pas mis dedans. » Elle a marqué plus de points (73.2pts) que lors du dernier mondial (68.4pts) et du dernier Euro (69.7pts), mais son pourcentage n'a pas évolué (43.0% aux tirs dont 31.4% à trois points). Et surtout sa défense a pris 10 points de plus que lors de l'Euro 2005 (63.86pts, par match en 2005, 65.88pts par match en 2006, 73.55 pts par match en 2007). Claude Bergeaud voulait une équipe plus offensive et plus adroite, elle ne l'a été que partiellement. Elle a principalement perdu de son intensité défensive qui était la marque de fabrique des Bleus. Et on sait que dans ce genre de compétition, c'est souvent la défense qui fait gagner des matchs, du moins c'est le cas pour l'équipe de France (5v-2d en 2005, 6v-3d en 2006, 4v-5d en 2007). On voit également que la Russie (66 points concédés, une des meilleures défenses de l'Euro) est championne. Un avis que ne partage pas le sélectionneur évoquant les difficultés sur pick'roll mais refusant de voir une baisse de la qualité de la défense. « Sur la défense sur l'homme, on est peut être un peu moins bon mais il faut savoir que les joueurs que l'on avait avant été catastrophiques sur les rotations défensives. On a donc privilégié cet aspect du jeu. » Claude Bergeaud a également fait le choix du jeu européen dans une compétition européenne et c'est plutôt compréhensible, mais a-t-on des joueurs européens de ce niveau ? Nos meilleurs joueurs sont en NBA et avec le temps imparti pour la préparation aux championnats du monde ou d'Europe, il est difficile de les faire changer de jeu, même en y injectant avec parcimonie des joueurs au style européen mais qui n'ont qu'à peine le niveau Euroleague. L'équipe de France ressemble plus à la Team USA d'Europe. Claude Bergeaud sait qu'il ne peut pas faire soit une Team USA version française soit une équipe made in Europe. Il a tenté de suivre l'identité de la France qui est un mélange des genres. La jeunesse de l'équipe de France et l'expérience emmagasiné lors de cet Euro peuvent être, espérons-le, de bon augure pour l'avenir.
A qui la faute ?
Bien évidement, une partie de ce fiasco est la faute du sélectionneur : « J'assume ma part de responsabilité », avoue-t-il. Mais le basket français va mal et il ne faut pas oublier que Claude Bergeaud a déjà ramené une médaille de bronze en 2005 et une 5e place aux championnats du monde. Certains en place depuis plus longtemps n'ont pas de bilan aussi positif. Il ne doit pas payer les pots cassés d'un système en échec depuis des années. Du côté de la Fédération, Ivan Mainini lors de son investiture avait annoncé 800 000 licenciés pour 2000 (450 000 en 2007). Depuis 1993, le basket est de moins en moins visible à la télé et plus du tout sur le réseau hertzien, sans compter la non exploitation de la médaille d'argent à Sydney en 2000. Cette médiatisation est évoquée également par l'entraîneur pour expliquer les maux français que sont le tir ou la non présence de joueurs d'Euroleague. « Sur le tir, c'est un problème d'image. On voit toujours des smashes, des smashes, des smashes. Moi, mon idole quand j'était gamin c'était Barry White. C'est lui qui a été l'un des précurseurs du shoot en suspension et qui a été le symbole d'une génération. Sur ce problème, la fédération a un rôle à jouer pour stopper cette prolifération. Les petits espagnols rêvent de l'ACB qui est la meilleure ligue d'Europe». La faute peut être à nous médias qui avons été trop supporters des Bleus et peut être pas assez critique pour faire réagir avant qu'il ne soit trop tard. Mais les joueurs ont bien évidement une grosse part de responsabilité. Comment peut-on sortir d'un match par deux fois contre les Slovènes alors que l'on a le match en main ? Comment peut-on sur un quart temps être capable de stopper totalement le jeu d'une équipe pour le quart temps suivant lui laisser le champ libre ? « winning spirit » ou es tu ?
Les solutions ?
Y en a-t-il sur le court terme ? Non, puisque les prochaines échéances sont en novembre 2008 pour les qualifications à l'Euro 2009 avec l'Italie, la Turquie, la Serbie. Doit on changer de staff ? Les dirigeants sont en train d'y réfléchir. Doit on casser le groupe ? Ils s'entendent bien, mais ils ne gagnent pas. Joueurs NBA, joueurs Européens, mélange des deux ? La France a les joueurs pour aller loin dans une compétition. A elle de se bouger pour trouver vite une solution digne des attentes du monde du basket.