Derrière les deux immenses favoris que seront le champion en titre (le Pana) et son dauphin, précédent champion (le CSKA) qui feront figures d’épouvantails dans leurs groupes respectifs, on devrait assister à une lutte acharnée des 24 équipes pour accéder au Top 16. Nos petits français auront bien des difficultés pour égaler la performance de Pau l’an dernier, mais rien n’est impossible… BasketZone scan les groupes et livre ses pronostics :
Groupe A : Le groupe de la mort
En apprenant la composition du groupe A, Jean Denis Choulet et Vincent Collet ont dut être soulagé de ne pas y être. Sans conteste, le groupe ou les batailles feront rages à tous les niveaux, pensez un peu…
- Le CSKA Moscou de Holden, Papaloukas et du coach Messina, déjà énorme l’an passé, s’est encore renforcé à l’extérieur par l’arrivée du grec Zisis et du Lituanien Siskauskas. En rajoutant Trajan Langdon, on obtient une très belle brochette d’arrières d’expérience. A l’interieur, Savrasenko et l’américain Goree devront conjuguer avec un David Andersen que l’on espère voir revenir à son meilleur niveau, ainsi que le très technique slovène Matjaz Smodis. Le CSKA veut reconquérir son titre, et est armé pour le faire.
- L’Olympiakos de Pinhi Gershon, c’est du lourd, du lourd, du très lourd. Nos confrères de BasketNews ont mesuré que la masse de la raquette grecque n’était mesurable qu’avec une balance industrielle… Malgré l’échec de la signature qui aurait été considérée comme la première « affaire du siècle » d’un gros joueur NBA venant en Euroligue, à savoir, un certain Chris Webber, l’Olympiakos n’a de loin pas tout perdu puisque Marc Jackson, auteur d’une bonne saison rookie en NBA avant de disparaître du devant de la scène, a signé. Dans le rayon géant, je demande Jake Tsakalidis. Pivot de 2m18, joueur Nba un certain temps, il s’agira pour ce grand grec, de se re familiariser avec le jeu européen. Rajoutons à cela, Sofoklis « Baby Shaq » Schostsanitis, un peu en froid avec le coach l’an passé, mais dont tout le monde connaît les qualités, on obtient sans doute une des plus belles raquettes d’Europe. A l’aile, le meilleur shooteur du monde Macijauskas, si il revient à son niveau de 2005 ou il avait atteint la finale, devrait faire des dégâts également. Olympiakos, prétendant au final four
-TAU Vittoria : Comment combler le départ annoncé depuis si longtemps de Luis Scola ? Certes, Vittoria possède encore des arguments, surtout à l’extérieur ou l’argentin Priogioni, le croate Planinic, l’espagnol Vidal, mais surtout le scoreur serbe Rackocevic tenteront d’amener un maximum de points. Mais en dessous, sortit de Tiago Splitter, l’américain McDonald et Teletovic auront fort à faire pour arracher quelques rebonds dans les gros matchs… Objectif annoncé : Top 16 Difficile de vouloir plus.
-Sienne : Parole à la jeunesse dans cet effectif du renouveau siennois. Pas un joueur de plus de 30 ans. Certes, le talent ne manque pas aux jeunes Galli et consort, mais le manque d’expérience risque d’être payé cash dans trop de matchs… Toutefois, comptons sur leur jeunesse pour réaliser quelques exploits. Lavrinovic et Ress constitueront une raquette solide. Peut viser le Top 16
-Pour son retour au plus haut niveau, la Virtus Bologne rêve de renouer avec les exploits de l’époque des Rigaudeau et Gino. Composée uniquement d’arrières américains et d’italiens, la Virtus n’est plus aussi cosmopolite qu’autrefois, et sera également jeune, à l’exception du pivot Chiacig. Désirant construire sur le long terme, la nouvelle équipe de l’ancien roannais Dewarik Spencer devrait avant tout emmagasiner de l’expérience cette année. Capable de réaliser de beaux coups.
-Sopot : Si à l’heure de ces lignes, l’équipe polonaise vient de subir une première défaite (logique) de dix neuf points contre l’ogre moscovite, le groupe de coach Kijewski peut néanmoins nourrir des ambitions et tenter de jouer les troubles fêtes. En effet, leur gros recrutement (signatures de Thomas Van Den Spiegel, Milan Gurovic, Dejuan Wagner et Travis Best) leur permettra peut être de rêver à un top 16. Gare à eux si la mayonnaise prend…
-Kaunas : Eternel représentant de la Lituanie, Kaunas pourra compter sur Popovic et Zukauskas pour tenter d’exister dans cette Euroligue. A charge du grand Marcus Brown de montrer qu’il est toujours « Super Marcus », afin de permettre au club d’exister… Toutefois, au vu du niveau du groupe, le top 16 sera difficile à atteindre.
-Ljubljana : le club slovène pourrait presque se limiter à se contenter d’être la. La star éternelle du club, Marko Milic a certes du charisme, mais cela semblera vraiment difficile pour le petit poucet de cette poule, d’accéder à l’étage supérieur.
Groupe B : Le Mans a-t-il une chance ?
Il reste au Mans encore une année en Euroligue l’année prochaine. Le remaniement de l’effectif avec le départ des américains et d’Amagou et l’arrivée d’Antoine Diot pourrait pousser Vincent Collet, vu la circonstance, à tenter de donner leur chance aux jeunes Batum, Diot, Bokolo et autres Koffi pour qu’ils accumulent de l’expérience, ce qui pourrait revenir pour certains à les envoyer au « casse pipe ». Pourtant, les américains et Bogavac ne seront certainement pas la pour regarder grandir les jeunes, et dans le groupe le plus équilibré, les manceaux pourraient bien, si la chance leur souri, se qualifier pour le Top 16.
- Efes Pilsen : Bien longtemps que le club turc n’avait plus été aussi fort. L’arrivée de Kenny Gregory, ex joueur… du Mans, viendra apporter un scoreur régulier à cette équipe. De plus, Serkan Erdogan, un des meilleurs shooteurs d’Europe en provenance de Vittoria, sera la pour faire exploser les différentes zones que l’on pourrait trouver pour tenter de stopper les intérieurs puissant que sont Gonlum et Kurtoglu. Coach David Blatt possède sur son échiquier les armes pour atteindre le Top 16, voir plus.
-Maccabi : Quel sera le niveau réel du grand club israelien ? De la si belle époque de Jazzy, Anthony Parker et Baston, il ne reste que le vieux mais efficace Sharp, l’éternel Bustein et l’arme fatale Nikola Vujcic. Le nouveau coach, Oded Katash aura pour mission de développer les qualités de gestion du génial Bynum, sans quoi, celui si sera capable de cartons offensifs, mais aussi de perdre dix ballons par match et finir sans une passe décisive… Quel sera le niveau de Cummings, Bluethental et Fizer ? Mystère… Mais au Maccabi, on gagne par tradition. Tant de talent, cela donnera surement quelque chose… Au moins un Top 16
-Malaga : un podium plus tard, l’équipe ibère pourra compter sur un tandem de meneur impressionnant, avec Bojan Popovic et Cabzas, qui auront la lourde tache de palier le départ de Pepe Sanchez. A l’intérieur, ça déménage, avec des profils complémentaires entre Daniel Santiago, le géant au longs bras Boniface N’Dong (ex Dijon) Jimenez et Gabriel. Ajoutez aux ailes Rodrigez et le jeune Sanchez, et vous aurez un des favoris du groupe pour le Top 16.
-Lietuvos rytas Vilnius : L’équipe lituanienne, ayant un fort accent autochtone est venue piocher en championnat de France. Chuck Eidson, le scoreur très régulier et polyvalent de la Sig 2007, aura à charge d’en faire autant avec son nouveau club. Bien servi par Hollis Price, l’ex lutin… du Mans, les deux joueurs ainsi que Mitchell devront s’intégrer dans cette équipe ou chaque joueur peut prétendre à une place dans la sélection nationale… Objectif : Top 16
- Aris Salonique : Gordon Herbert n’étant plus en odeur de sainteté dans le Béarn, direction l’Aris Salonique. Spécialité du coach, dénicher des joueurs. Ainsi, c’est essentiellement sur ses américains que l’Aris tentera de jouer sa qualification pour le Top 16. Tout comme le Maccabi Tel Aviv, il s’agira de ne pas les perdre de vue, afin de se faire une idée plus précise de l’alchimie, qui sera une donnée indispensable pour espérer aller le plus loin possible.
- Milan : On aura un regard attentif sur l’équipe lombarde, eut égard à la présence d’Hervé Touré dans l’effectif. Si, à l’exception du shooteur fou Massimo Bulleri, l’effectif ne paye apparemment pas de mine, l’équipe pourra compter sur une forte combativité de ses jeunes (Galinari et Gentille) et sur cinq américains solides : Sesay, Gaines, Shaw, Watson et Gadson. Peut prétendre au Top 16 légitimement.
- Cibona Zagreb : L’équipe, composée essentiellement d’autochtone croates est pleine de joueurs, certes talentueux, mais croqueurs de ballons à souhaits. Le jeune meneur américain Tre Kelly sortant de NCAA avec une réputation de scoreur, il faudra que le coach Vrankovic fasse en sorte que Kelly apprenne à gaver de ballons tout le monde en commençant par Ayuso et Warren. Peu de chance pour le Top 16, mais attention, dans un groupe équilibré comme celui la, tout est envisageable.
- Le Mans Sarthe Basket : Que peut espérer Le Mans dans tout cela ? Suivant l’éclosion de Diot, l’explosion attendue de Nicolas Batum, la confirmation d’Alain Koffi et Bokolo en espérant qu’ils progressent encore, Le Mans peut, avec de bons américains et un Bogovac expérimenté, rêver de Top 16, au vu de l’homogénéité du groupe, à l’exception d’Efes Pilsen et Malaga qui sont vraiment au dessus, et du Maccabi, si la mayonnaise prend. Ne jouant jamais pour perdre, on connaît le charisme d’un des meilleur entraineurs de la nouvelle génération française en la personne de Vincent Collet, on est sur qu’il arrivera a pousser tout le monde dans le même sens, et que, quel que soit la politique, Le Mans grappillera tous les matchs possibles. Le talent est la, la jeunesse aussi, il ne manque que l’expérience. Puisse-t-elle arriver au plus tôt !
Groupe C : Le Pana et les autres…
Si les groupes A et B semblent plutôt homogènes, les luttent dans le Groupe C vont se dérouler à plusieurs niveaux. Le Pana, Madrid et le Barça devraient s’arracher les premières places, alors que derrière, Rome, Fenerbahce, Roanne, et Bamberg se livreront une lutte sans merci pour atteindre le Top 16.
- Panathinaïkos : Le champion en titre apparaît encore plus fort. Certes, le départ de Siskauskas pour Moscou constitue un coup d’arrêt, mais avec la venue en renfort de Maitre Saraunas Jasikevicius et de Spanoulis, en supplément de rien de moins que Hatzivrettas, Milos Vujanic et Dimitrios Diamantidis, donne à l’équipe d’Obradovic la meilleure ligne arrière du monde. Si l’extérieur est sans égal, la rotation intérieure est également alléchante. Pensez donc : Mike Batiste, Demos Dikoudis, Kostar Tsartsaris, Dejan Tomasevic. En plus l’équipe a conservée l’icône du club, « Jésus » Alvertis. On en tremble d’avance… Favoris à sa propre succession…
- Barcelone : Tout comme Vittoria aura fort à faire pour compenser un Luis Scola, le Barça devra remplacer me meilleur scoreur de la dernière Euroligue, J.C Navarro. Pour cela, le Barça pourra s’appuyer sur deux très bons meneurs, Pepe Sanchez l’argentin, et Lakovic le slovène. A l’extérieur, ça va shooter, encore et encore. Basile, Morandais et Alex Acker, ou bien les rebondeurs auront fort à faire pour récupérer les rebonds, ou bien les adversaires devront prier pour que cela cesse… Les intérieurs de cette équipe coachée par Ivanovic : Vasquez, Marconato, Trias. Ne dois pas louper le Top 16, et peut légitimement penser au Final Four.
- Le Réal Madrid : Un bon meneur Raul Lopez, une raquette impressionnante entre Hervelle, Reyes, Hamilton et surtout, le plus technique des pivots européens, Lazaros Papadopoulos en provenance du Dynamo Moscou, voila les arguments essentiels du Real cette saison. Ajoutons à cela un excellent arrière américain en la personne de Luis Bullock. Cela devrait offrir sans trop de difficultés au coach Joan Plaza et à ses troupes un Top 16 largement à portée, et pourquoi pas, un peu plus…
- Partizan Belgrade : Place aux jeunes. Le joueur le plus âgé ayant à peine 30 ans, le coach Vujosevic aura à cœur de remporter quelques matchs, mais ne se fait pas d’illusions. La lutte pour le Top 16 jouera grandement en leur défaveur.
- Fenerbahce Ulker : Concurrent direct de la Chorale, l’équipe de Tanjevic sera commandée sur le terrain par deux meneurs aux styles différents, un américain Willie Solomon, et un Turc, Hakan Demirel. L’icône nationale Kutluay est certes vieillissant, mais toujours présent avec un état d’esprit irréprochable. A charge pour l’américain James White de trouver la mire pour rêver à un Top 16 accessible.
- Rome : Un effectif alliant jeunesse et expérience, italiens et américains, l’équipe de Gregor Fucka est pleine de ressources. Giachetti, Ray, Hawkins, Bagnoli et Lorbek sont autant d’atout pour cette équipe qui vise le Top 16 de manière légitime.
- Bamberg : L’équipe allemande tient la route. Effectif sans ambitions, mais équilibré, c’est sans doute l’une des équipes pièges de cette Euroligue 2008. Pas taillée pour remporter le Final Four, l’équipe d’Okulaja semble néanmoins en mesure de se qualifier pour le Top 16, en rival direct de Roanne, en misant sur des victoires à domicile, et quelques coups à l’extérieur. Dirk Bauermann le coach aurait tout de même beaucoup de travail sur le collectif à créer, collectif qui devra être parfait, faute de quoi le club allemand n’éxistera que comme faire valoir.
- La Chorale de Roanne : Si le Mans peut utiliser l’année pour travailler, Roanne n’a droit qu’à une seule année de rêve, à l’image de Strasbourg il y a 2 ans. Les problèmes de logistique résolus grâce à Clermont, on peut compter sur les chauds bouillants supporters roannais pour faire le déplacement pour voir les matchs et mettre le feu. Beaucoup ont pensé que le départ de Spencer et Harper seraient fatal à la Chorale pour espérer exister en Euroligue, mais les deux nouveaux américains, aux profils différents, pourraient bien finalement être tout aussi bien voir meilleurs. L’expérience de l’Euroligue sera en tout cas obligatoire et très enrichissante pour nos deux français complétant le cinq majeur de JD Choulet. Marc Antoine Pellin va découvrir le très haut niveau, alors que Badiane, pourra quand à lui, emmagasiner de l’expérience qu’il ne manquera pas de reproduire chez les bleus. Le salut de l’équipe devrait néanmoins venir (ou pas) du « big three » américain de la Chorale : Hess, Rush et surtout l’incontournable Marc Saylers, le seul qui, le jour du titre national, semblait plus heureux d’avoir gagné le droit de jouer l’Euroligue avec SON équipe, que d’avoir gagné un trophée. Cependant, nul doute qu’avec son talent, les propositions vont fuser. La faiblesse de la Chorale : Le manque de banc. Certes, Poupet, Cazalon et Wilson peuvent être de très bon joueurs d’appoint en championnat de France, mais, sans aucune médisance, ils semblent un peu limite pour l’Euroligue. Si physiquement, le 5 majeur tient le coup, et que Pellin et Badiane se mettent au niveau, Roanne pourra alors rêver au Top 16. Bonne chance à eux !
Pronostics :
Groupe A :
CSKA Moscou
Olympiakos
TAU Vittoria
Sienne
Sopot
Bologne
Kaunas
Ljubljana
Groupe B :
Efes Pilsen
Malaga
Maccabi Tel Aviv
Lietuvos rytas Vilnius
Aris Salonique
Le Mans
Milan
Cibona Zagreb
Groupe C :
Panathinaïkos
Barcelone
Real Madrid
Rome
Roanne
Fenerbahce Ulker
Bamberg
Partizan Belgrade